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Mort
et rituels
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Accomplir un rituel est devenu quelque chose de très vague dans notre société. Ou bien on le fait par habitude, ou bien on le rejette, ou encore on s’y accroche comme à une bouée, sans trop comprendre ; dans certain cas, le rituel est nouveau et il se fait avec plein de fascination. Il nous semblait utile d’amorcer une réflexion à plusieurs sur ce sujet afin de donner du sens aux gestes rituels et particulièrement au moment de la mort. En fait, c’est parce qu’il y a une demande, et donc un besoin, que nous abordons ce thème.
En fait, il s’agit d’une ethnosociologue, Dominique Poggi, avec qui les échanges ont vraiment été ouverts et enrichissants. Nous voulions un regard extérieur qui nous permette une mise à distance par rapport à nos propres pratiques rituelles. Nous voulions également quelqu’un qui puisse parler des autres traditions. Possédant les deux approches, Dominique a pu nous aider à aborder ces deux réflexions.
L’histoire montre qu’une société ne peut vivre sans rite. Qu’il soit ordinaire, comme la façon de partager les repas, qu’il organise les moments importants comme les mariages ou encore les grands événements comme les intronisations, il est un élément structurant de la vie communautaire humaine. Le rituel entretient les liens, permet le partage des émotions, et valorise les situations. En ce sens, le rituel a de multiples fonctions, mais une principale se dégage : il permet de dépasser l’angoisse de l’incertitude ; il est apaisant. De plus, il permet d’accéder à une puissance cachée afin d’agir sur le réel, et pour ce faire, il utilise divers symboles et une conduite à tenir. En tant que pratiquant bouddhiste, nous nous sommes retrouvés dans cette définition. Dans les tantras, les rituels permettent de mettre en œuvre les qualités éveillées auxquelles nous n’avons pas nécessairement accès de façon ordinaire. Pratiquer une divinité comme Tchenrézi par exemple, permet de mettre en œuvre la compassion éveillée. De façon générale,
tout rituel passe par une théâtralisation, il met en scène une situation
à travers quatre caractéristiques : un espace scénique, une structure
temporelle, des acteurs et une organisation de symboles.
La structure temporelle
signifie que le rituel est constitué d’étapes, de séquences, qui s’accomplissent
selon un ordre précis. Tout rituel bouddhiste du grand véhicule est
constitué des préliminaires faits de la prise de refuge et du développement
de l’esprit d’éveil, du corps de la pratique qui contient une phase
avec support, la phase de développement et une phase sans support,
la phase de perfection, et enfin de la conclusion qui rassemble la
dédicace et les souhaits. A l’intérieur de ces trois parties, d’autres
phases peuvent se rajouter, mais ces trois sont appelées les trois
sceaux, qui font que le rituel est authentique et complet. |